Torres del paine – Chili

En cette période de confinement, et après quelques semaines sans avoir écrit, je reprends la plume pour vous raconter la suite de mes aventures qui vous sont encore inconnues!
Sachez juste qu’un petit commentaire en bas de l’article fait toujours plaisir et me donnera de la motivation supplémentaire pour continuer…car le but c’est bien d’être lue ! Merci ! 😉

Je retourne un peu en arrière dans la chronologie de mon périple et vous raconte dans cet article, l’étape 3 de mon voyage.
Nous sommes début janvier 2020, au huitième jour.
Après Punta Arenas et Porvenir, me voici arrivée à Puerto Natales pour découvrir le parc Torres del Paine.

Le parc Torres del Paine est situé en Patagonie Chilienne, non loin de Puerto Natales qui constitue la principale base de départ pour le parc et les treks. Ce parc, c’est la principale, voire seule, activité à faire dans cette petite ville. Je n’ai pas beaucoup aimé la ville et lui ai préféré Punta Arenas. Ici, pas beaucoup de charme. Et j’étais dans une mauvaise auberge, ce qui n’a rien arrangé.

Ce parc est, avec El Chalten du côté Argentin, la « Mecque du trekking ». Il offre en effet la possibilité de faire deux treks de longue durée en autonomie ou presque, durant 4 (le « W ») ou 8 (le « O ») jours. On peut également y faire des excursions organisées à la journée ou ne faire qu’une partie des randonnées, à vous de voir.
L’environnement est de toute façon assez magique, les paysages sont sublimes et valent le détour !

Par contre, ça coûte cher. L’accès à la nature ici coûte un bras! La Suisse me manque dans ces moments-là! A Torres, il faut payer l’entrée du parc (environ 25€), le catamaran (si on se rend du côté ouest du W, 30$ pour 30minutes de traversée, l’aller), les nuits (en camping, avec ou sans tente déjà montée, ou en refuge), la nourriture (emporter avec soi depuis Puerto Natales pour plus d’économies mais certains choisissent de prendre le pack tout compris dans les refuges).
C’est un peu « compliqué » car ils disent qu’il faut tout réserver en avance et pouvoir présenter ses réservations à l’entrée pour pourvoir rentrer. Alors la majorité des voyageurs anticipe beaucoup pour pouvoir faire les réservations en avance.
Bon, ne pas oublier que nous sommes au Chili, donc c’est au cas par cas! Pour ma part, je n’ai jamais dû présenter de preuve de réservation. Mais je n’y allai pas non plus pour effectuer le circuit du W en entier, ceci explique peut-être cela.
J’ai discuté avec des trekkeurs, l’un est entré sans payer et l’autre sans payer l’une de ses nuits. Donc, faisable avec un peu de magouille. Le prix sert à l’entretien du site, certes, mais tout de même ça reste de l’abus!
A l’entrée, le bus de la ville s’arrête et nous devons tous nous rendre au guichet. Comme des moutons, nous suivons tous chacune des étapes : remplir le formulaire d’entrée, le donner au guichet et payer le billet puis récupérer un plan du site. Bon, ben il suffisait de sortir de la file et de remonter dans le bus, sans payer. A vos risques et périls si vous êtes contrôlés par la suite! Ce qui n’a évidemment pas été mon cas, non plus.
Trêve de blablabla, ce ne sont que des détails administratifs, ce n’est pas le plus important !

Ce qui est important ce sont les paysages, et c’est pour cela qu’on vient à Torres. La nature y est fabuleuse. Et malheureusement reflète bien, aussi, les problèmes qu’elle rencontre face à l’Homme.
En effet, le côté mystique de ces paysages est aussi créé par une quantité industrielle d’arbres morts, arborant une couleur gris-argenté incroyable ! C’est un peu triste. Et évidemment ça a été causé par des touristes ayant fait du feu en pleine nature. Et nous voyons également les glaciers du site reculer à vue d’œil. Prenons soins de la nature, on ne le répètera jamais assez !

Arbres argentés !

Comme je le disais, de mon côté, je n’ai pas fait le W, mais je n’ai pas fait non plus le O, je n’ai pas fait d’excursion organisée à la journée et je n’ai pas vu non plus le site le plus connu du Parc, « Las Torres ». Mais alors, qu’ai-je bien pu faire ? Je l’ai fait à ma sauce, comme d’habitude! Le parc étant cher pour mon budget de backpackeuse, j’ai préféré garder des sous pour d’autres merveilles encore (nb : si j’avais su que je n’aurai pas le temps d’utiliser le budget prévu à ce voyage, j’aurais fait le trek de 4 jours du W !).

J’ai donc décidé de faire la moitié du W et de ne rester qu’une nuit. Comme je n’ai aucune expérience de camping et surtout de devoir porter tout mon matos, seule, j’ai opté, à contre-coeur pour une nuit en refuge (87$ tout de même !). Avant de partir, j’avais vu une multitude de photos de Las Torres, qui ressemblent beaucoup au sommet du Fitz Roy (Argentine, 2018), mais aucune photo des autres sites du parc. Vous vous doutez de ce que j’ai choisi de faire ? Oui, je suis partie de l’autre côté !
En deux jours, j’ai donc marché 50km, avec mon gros sac, avec de la nourriture pour 3 repas et un petit déjeuner, des affaires pour dormir et des affaires de survie. J’ai parcouru les 26km qui me séparait du Mirador Britanico, avec vu sur le glacier Francés en passant. Puis le lendemain, les 24km qui me séparaient du glacier Grey. Les deux randos sont longues et éprouvantes car elles alternent entre montées et descentes. Et comme je ne continuais pas, j’ai dû chaque fois revenir par le même chemin, ce que je n’aime pas – mais il fallait bien ça. Je suis redescendue chaque fois épuisée mais absolument ravie des paysages observés, de l’effort effectué et du challenge accompli.

Place au récit et reportage photos…

(Pour celles qui sont présentées en « galerie », n’hésitez pas à cliquer dessus pour les voir en entier ! Bonne visite)

Je ne vous ais pas raconté l’arrivée au parc ? C’était un peu la course… J’ai pris, exprès, le bus le plus tôt possible au départ de Puerto Natales, pour tenter d’arriver à l’heure pour prendre le premier catamaran de 9h00 me permettant de rejoindre mon point de départ. Mouais….ben le réveil à 5h40 a piqué pour rien car le bus n’est arrivé qu’à 9h10 et le prochain catamaran était annoncé à 11h00 ! Ça commence bien ! Je n’ai toujours pas compris pourquoi les catamarans ne sont pas calés sur les horaires des bus, ou inversement..
Une longue file d’attente est déjà formée devant le portail d’embarquement. Vais-je pouvoir passer ou devrais-je attendre le prochain, en début d’après-midi ? Après plus d’une heure d’attente, je peux finalement monter, in-extremis, dans l’embarcation. Le pont supérieur est accessible durant la traversée. Ça souffle fort, mais j’ai une superbe vue sur mes premiers paysages de Torres : les montagnes surplombant le Lago Pehoé avec en fond un ciel nuageux et mystique. Une pure merveille.


On accoste vers 11h30. L’heure parfaite pour débuter une randonnée de 24km, non ? Non pas vraiment, du coup je ne perds pas plus de temps à aller poser quelques affaires au refuge, et j’entame directement mon chemin, avec mon sac et mes 10kg sur le dos. J’ai eu dû mal pour la montée de la Valle del Francés, qui montait bien, mais j’ai tenu le choc (j’étais seule à porter mon gros sac, j’aurais dû faire comme tous les autres et le laisser au campamento Italiano, en contre-bas..).

Le paysage est magnifique, je perds du temps dans les photos car comme d’habitude, à chaque virage, à chaque changement minime de luminosité, on a l’impression que les contours, les couleurs changent.. Il y a des lagunes partout, surplombées de ces montagnes impressionnantes, certaines bicolores, toutes aux sommets acérées et déchiquetés.

Los Cuernos, déjà en vue depuis le début du chemin

Le glacier Francés est impressionnant ! Il bouge et gronde quand je passe à sa base et au retour m’offre une cascade éphémère de neige, sublime !

Je continue mon ascension après une pause pique-nique bien mérité devant ce géant.

La dernière portion est un peu plus rude avec mon chargement, mais ça se fait. Il me manquera cependant 90m pour atteindre le sommet, car c’était vraiment trop raide. Mais de mon spot à moi, seule, j’avais déjà une vue à 360°C sur le mirador. Difficile de décrire mon état de béatitude, de fierté, et de liberté une fois que j’ai atteint ce but ultime.

Mirador Britanico

Je redescend de mon perchoir vers 17h…le chemin du retour, je le fais seule au monde car tous sont déjà en train d’installer leurs tentes dans leurs campings respectifs. Je me sens bien petite dans cette immensité, mais quel bonheur d’écouter la nature, le silence et mes seuls pas sur ce chemin du bout du monde.

Quelques passerelles balisent le chemin réservé aux marcheurs

J’arrive vers 21h au refuge. Je vous rappelle que dans cette partie du monde, en janvier, on est en été et donc il fait jour tard. Heureusement !

Bientôt arrivée..

Je suis évidemment la dernière à faire le check-in du refuge, ils n’attendaient plus que moi ! On m’attribue un lit superposé dans une chambre tellement riquiqui qu’on ne peut pas lui donner cette dénomination-là. Et quelle odeur : je mets les chaussures de marche de ma colocataire sur le palier, c’est insoutenable ! Avec le prix payé, j’ai droit à une douche chaude (partagées sur le palier, réservées aux femmes), mais je dois aller cuisiner mon repas dans la salle prévue à cet effet, dehors. Interdiction de manger dans les parties communes car ils veulent qu’on consomme au restaurant. Mais celui-ci est bruyant et très cher, pas l’idée que je me fais d’un repas en montagne.

J’arrive dans la cuisine, je m’installe, et un surveillant me dit qu’il me reste 15 minutes car la salle ferme à 22h. Je râle : personne ne m’a prévenu avant, et puis c’est super tôt ! Comme je n’ai rien à cuire, ça va assez vite, alors ça passe.
Je prends mon repas en compagnie d’Eugeen, un ukrainien rencontré à Puerto Natales la veille et un de ses amis, Davis, un américain qui vit au Japon. Les échanges et blagues sont facile, la discussion est très sympathique et cela fait du bien d’échanger un peu après cette journée en solitaire.

Après environ 9h30 de marche, j’avais bien mérité mon lit. Un lit brinquebalant qui ma donné des angoisses et au son des vitres qui tremblent tellement le vent dehors souffle fort. Petite nuit donc.
Le réveil sonne à 7h, et je retrouve, au petit déjeuner, Eugeen, David et un vieux copain japonais, qui ne parle pas un mot d’anglais. Réveil de bonne heure et de bonne humeur !
Sur leurs conseils, je laisse quelques affaires à la réception dans un petit sac plastique, pour partir plus légère. Je les récupérerai en fin de journée avant de quitter le parc.

Le début est assez facile et la vue un peu moins impressionnante, ce qui veut dire aussi moins de pauses photos.

Mais au bout d’une petite heure, j’atteins déjà le premier mirador, avec vue, loin derrière, sur le glacier Grey.

Je redouble de motivation pour aller rapidement le voir de plus près. Le parcours est fait de montées, descentes, en alternance, et un peu d’escalade, pas évident pour les cuisses ! Je débouche enfin sur le mirador final et j’ai une vue sur le début du Glacier Grey, les morceaux de glace qui se détachent, formant des icebergs dans la lagune. Je reste là, je ne descends pas plus car en bas…il y a du monde, alors que d’où je suis j’ai la même vue, si ce n’est une meilleure vue !

J’étais seule.
Jusqu’à ce qu’un couple d’asiatique arrive. La femme descend, et l’homme reste en haut, comme moi. C’est vaste, nous sommes tout de même dans un parc naturel, mais Monsieur choisi de venir se planter à 30cm de moi. J’ai dû lui demander de me laisser un peu d’espace : il s’est décalé de 10cm. Je n’ai pas très bien compris…

Je n’ai pas pu m’en empêcher…juste pour montrer l’absurdité de la chose : voilà l’espace individuel que ce monsieur a bien voulu me laisser ! 😉

Je redescend tranquillement. En deux jours et après environ 50km, je suis fatiguée et j’ai bien mal au pieds…

J’arrive en bas vers 16h00 et me dépêche d’aller attendre pour le catamaran du retour, avec toujours la même peur de ne pas pouvoir monter dedans.

Je reprend le bus de retour, non sans un petit pincement au cœur, que ce rêve-là soit déjà fini. Je contemple une dernière fois la vue, puis sombre littéralement. Torres, c’est fini, place à d’autres aventures.

En bonus, l’aventure suivante…dans les Fjords de Puerto Natales

J’en profite pour enchaîner avec l’aventure suivante, qui a lieu à Puerto Natales, le lendemain.

De quoi rêveriez-vous au lendemain de 2 jours de trek ? De repos, n’est-ce pas ?
Moi, j’ai fait 2 heures de kayak. Ben oui, il faut bien aussi « faire » les bras !

C’est parti de l’idée que je voulais voir les Fjords. J’ai longuement hésité à remonter au nord de la Patagonie par le Ferry Navimag, qui emprunte un trajet sinuant à travers les fjords chiliens, pour ralier Puerto Natales à Puerto Montt. 4 jours, 450 euros environ (pour une cabine partagée et sans hublot). C’était hors budget (petit regret du voyage….encore une fois, si j’avais su, j’aurais fait cette croisière sans me poser de questions!) et je n’avais aucune certitude que la météo soit bonne. De plus, le bateau partait le soir de mon retour de Torres et le timing était très très serré. Bref, j’ai opté pour une toute autre solution : faire une sortie kayak de quelques heurs pour avoir un aperçu des fjords proches de la côte de Puerto Natales.
Bien m’en a pris ! Ce fut une incroyable expérience.
J’ai réservé avec l’agence Patagonia adventure (apatagonia.com), une sortie en kayak au fjord Eberhard. Ils sont venus me chercher à mon hostel. C’est un couple d’instructeur qui encadrait la sortie, avec 4 autres touristes. Elle était chilienne, lui, Corse. Ils nous ont fourni tout l’équipement étanche nécessaire et nous avons pu nous changer, au chaud, dans la maisonnette au bord de l’eau d’une dame âgée.

Étant débutante et seule, je suis montée dans le kayak avec lui, Jérémy. Superbe de pouvoir être guidée par quelqu’un dont c’est le métier. Première virée en kayak amplement réussi ! Le retour était plus facile car à l’aller nous étions contre le vent, assez difficile pour les bras. Mais comme il n’était pas aussi fort que d’habitude (ah bon !), nous pouvons pousser un peu plus loin que prévu et nous accostons sur une partie du fjord que même nos guides ne connaissent pas. S’en suis une session d’escalade pour arriver sur la crête. Pas facile avec ces chaussons étanches mais glissants ! En haut, nous buvons un thé brulant et partageons un en-cas de graines et fruits secs pour reprendre des forces. Il commence à pleuvoir, c’est le moment de descendre et de faire le trajet retour. Jérémy prend les vagues de front sur le retour, pour me montrer. Trop chouette ! Ça fait un peu d’action et d’adrénaline et j’adore !

En haut de mon petit fjord 🙂

A l’arrivée nous attends un copieux en-cas façon petit-déjeuner (il est 14h…normal!), fait d’œufs brouillés (les meilleurs de ma vie!), de petits pains fris et de marmelade de rhubarbe…à se damner !

SuperbeS expérienceS, je reviens des étoiles plein les yeux et des idées de nouvelles activités, plein la tête !

Cariños,
Marine


5 réflexions sur “Torres del paine – Chili

  1. Toujours un SUPER plaisir de suivre tes aventures « Grandeur Nature ». Photos superbes. Glacier spectaculaire, montagnes grises un peu flippantes. Une randonneuse solitaire, inspirée et hors du commun. Vivement la suite!

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