Bariloche – Argentina

Première petite ville d’Argentine que je découvre lors de ce tour du monde (j’avais été en Patagonie argentine et à Buenos Aires, en avril 2018).

J’ai longtemps hésité à y aller car elle est surnommée « la petite Suisse d’Argentine », par tous les guides de voyages. J’avais peur d’être déçue, que cela ne vaille pas le coup, que ce ne soit pas assez dépaysant. Plusieurs voyageurs m’ont conseillé de m’y rendre, je n’en n’ai entendu que du bien. Et bien, j’ai bien fait de les écouter ! Et puis, après un mois de voyage, un peu de Suisse ne pouvait pas faire de mal 🙂

C’est donc en 9h de bus, depuis Pucon, au Chili, que j’ai rejoins Bariloche. Il fallait traverser la frontière. Cela prend un peu de temps, car il faut attendre que tous les passagers du bus fassent tamponner leurs passeport, mais c’est très facile. Du côté Chilien, il faut donner son document PDI. Techniquement c’est un vulgaire ticket de caisse qu’on reçoit machinalement à l’aéroport en arrivant, mais qu’il fut garder précieusement, pour sortir du territoire. Et du côté Argentin, il faut fournir une adresse d’hôtel. Pour ma part j’avais prévu de faire du Couchsurfing et n’avait pas l’adresse exacte de mon hôte à donner, j’ai donc donné, au bol/au pif, l’adresse d’une hostel, et c’est « passé crème » !

Quésaco ça le Couchsurfing ?

C’est une plateforme sur internet ou une application qui permet de mettre en relation des voyageurs, disponibles pour offrir un bout de canapé, une chambre d’amis, un bout de sol ou de jardin ou simplement qui ont envie de partager du temps avec des voyageurs en quête de rencontres locales. C’est un logement gratuit, et qui permet de faire de chouettes rencontres. J’avais testé l’expérience en France et en Suisse, avant d’entamer ce long voyage et c’étaient trois belles rencontres. Moi, je choisi d’aider au maximum comme je peux et je cuisine pour mes hôtes. Rien n’est obligatoire, mais à mon sens c’est le moins que je puisse faire.

Le paysage était déjà incroyable depuis la vitre du bus, à l’approche de la frontière, puis de Bariloche. De la roche, de l’eau turquoise et la végétation, basse et verdoyante. Magnifique !

Vue depuis le bus…Ma Patagonie ❤

A Bariloche, j’arrive au Terminal des Omnibus et Daniel, mon hôte, me réceptionne en voiture. Ce n’est pas la plus belle voiture du parking, mais elle semble rouler. Daniel semble sympathique, je fais confiance à la vie et je le suis ! Il me propose tout de suite d’aller boire un maté (boisson typique d’Argentine, Chili. Ce sont des herbes et de l’eau très chaude, bues dans un récipient appelé « maté » à l’aide d’une paille en inox ou autre matériau appelé « bombilla ») au bord du lac, avant-même de découvrir son lieu de vie. Quel accueil ! Je réalise que nous sommes très en dehors de la ville. Ça ne va pas être si facile de se déplacer. Mais qu’importe, je suis là pour vivre des expériences.
Après le maté, je découvre donc sa maison. Daniel vit dans la maisonnnette attenante à l’aéroclub de Bariloche. C’est une sorte de petite cabane, mais avec tout le confort minimum : une petite cuisine, une salle de bain, un lit deux places pour les amis et sa chambre à lui. Daniel est « buena onda » et me met tout de suite à l’aise. On parlera beaucoup pendant mon séjour. Je devais rester 2-3 nuits, je suis restée 6 nuits. J’y ai appris à préparer le maté, à jouer au Tinelti (jeu d’adresse et rapidité avec des petits cubes en bois – dont Daniel m’offrira un exemplaire pour mon entraînement personnel et ma pratiques future avec mes petits patients qui adoreront !!), à tenir à moto. J’ai cuisiné et lui ai appris quelques pas de salsa. J’ai pratiqué mon espagnol. Ce fut une expérience très enrichissante et exceptionnelle ! J’ao voyagé et découvert les environs au rythme argentin et avec un guide en or!

Maisonnette de Daniel…et ma lessive jajaja 😉
Je vous présente Daniel 🙂
Coin paisible pour partager un Maté

Peninsula Llao llao

A prononcer « chao-chao », parce que l’accent est comme ça…(cela m’a surprise au départ, mais on s’y fait vite!).

Après un rapide petit tour dans la ville pour récolter des informations, acheter une carte sim argentine, comprendre comment changer de l’argent (que je changerai « dans la rue » – mais ce n’est pas une bonne idée, bien que le taux soit très avantageux), nous partageons un repas d’empanadas et flan maison (accompagné de sa dose de crème et sa dose de dulce de leche. C’était trop pour moi. Les portions sont astronomiques!). Puis nous prenons la route : Daniel m’emmène faire le Circuito Chico, à moto ! C’est un tour qu’il est possible de faire en réservant une excursion touristique ou en prenant les bus de la ville, je crois, mais c’est beaucoup moins pratique.

C’est bien joli par ici, et en effet, cela ressemble beaucoup aux paysages français et suisses que je connais : entre lacs et montagnes !

Daniel travaille en indépendant, pour gérer un programme informatique qu’il propose aux hôtels et restaurants qui l’utilisent pour les réservations. Nous allons rendre visite à l’un de ses clients qui demande de l’aide. C’est un somptueux hôtel, avec vue dégagée sur le lac et les montagnes, avec son propre petit port. Avant c’était un lieu de repos pour les personnes atteintes de maladies psychiatriques (pensées pour les collègues et pour notre hôpital psy qui donne aussi sur le lac, hihii !). Sublime, je resterai bien là quelques temps, mais c’est pas le même budget…
Nous continuons notre route. C’est chouette de découvrir ces paysages à moto.

(pour la petite anecdote, j’étais fière d’avoir fait attention à bien mettre un casque. Oui, enfin, c’était avant de voir la gueule du casque ! Trois fois trop grand pour moi, le vent le poussait en arrière et il devait au moins avoir mon âge ! Autant dire que sans, ça aurait été mieux! Mais c’était important de l’avoir, pour la police. On fait ce qu’on peut en voyage 🙂 )

J’aurais bien aimé descendre un peu plus de la moto, à certains endroits, pour marcher un peu. On a vu quelques plages, mais, ici, on va sur la plage, quasiment jusqu’à l’eau, avec la moto. Je ne m’y ferai pas. Je préfère quand même aller voir de près la nature, sans moteur !

Llao-Llao est paisible, les plages sont jolies, mais venteuses. Juste impossible de se baigner pour moi. Ah non, il y a la plage « sin viento », où il doit être davantage possible de se baigner. Mais nous y sommes arrivés tard, il n’y avait plus de soleil.

Vue depuis l’hôtel Tunquelen
Vue depuis le port de l’hôtel
Playa sin viento

Petite anecdote : sur le chemin du retour, nous nous sommes fait arrêter par la police. Autant vous dire qu’ici ils font de l’abus de pouvoir. La policière reproche à Daniel de n’avoir pas gardé la bonne distance avec la voiture de devant. Euh…je n’ai rien remarqué moi ! Daniel, un peu énervé, redémarre sans demander son reste. Ni une ni deux, nous nous faisons de nouveau arrêter au contrôle suivant par deux flics, mains sur l’arme…comme si on était de vrais fugitifs ! Non mais ! Ils demandent les papiers de Daniel, et évidemment quelque chose ne va pas : la moto n’est pas à son nom. Justement, le matin même il se rendait à l’office pour actualiser tout ça. Bon. Quand ils ont demandé mon passeport, là j’ai commencé à flipper. Parce que j’avais menti à la douane.. Ahah tu parles, cela ne les intéressait pas mais ils ont vérifié que je n’étais pas fichée ! Il ne s’est absolument rien passé finalement, et Daniel était en règle. Mais, voilà, une expérience de plus à mon voyage : découverte d’une police un poile excessive.

Cerro Campanario

Ce matin-là, nous devions partir pour le Refugio Grey. Daniel m’avait dit qu’il ne se levait jamais plus tard que 8h, mais il s’est réveillé vers 10h30… J’ai cru qu’il avait fait un malaise, mais non il était juste épuisé de la veille 🙂 Alors, changement de programme, je pars toute seule à la découverte d’un point de vue.

Une mini marche pour se mettre en jambe ! Une montée assez raide d’1km (200D+), que je gravit en 20 minutes, qui dit mieux ? Je double évidemment tout le monde, car personne n’est équipé pour marcher dans du sable sec et glissant..bref ! On peut monter en téléphérique, et, à l’arrivée se faire prendre en photo par des photographes professionnels (rien que ça!), en levant les bras en signe de victoire. Mouais, très peu pour moi et en plus ça coûte un bras ! Moi, je me suis amusée, dépensée et je peux vraiment crier victoire !
Et la vue en haut…vaut vraiment la peine !! C’est un mélange d’Annecy et Lugano, alors j’adore ! C’est venteux, il n’y a pas de vaches ou de neige, alors je sais que je suis en Argentine et en été !
Je reste un petit moment en haut. Tous les groupes se partagent un Maté et moi je prends un petit goûter en contemplant cette vue.

Vue depuis le Cerro Campanario

Refugio Frey

Le lendemain, on est d’attaque pour les 22km de la rando du jour !
Le chemin débute tout tranquillement. Le sol est de sable, nous soulevons beaucoup de poussière en marchant. La végétation est basse et verdoyante, il y a également une multitude de petites fleurs orangées, les « amancay ». C’est magnifique ! Bientôt nous avons une vue sur le lac Gutierrez. De nouveau, c’est un beau mélange de bleu, vert, orange, pour mon plus grand plaisir ! Qu’elle est belle la nature !
Le chemin passe ensuite par une forêt bucolique, qui nous offre une jolie pause au bruit de l’eau du ruisseau qui la traverse. Le chemin se corse ensuite, et la pente est plus raide, passant par des petits rochers. L’arrivée vaut grandement la peine de ces kilomètres de marche : nous débouchons sur la lagune Tonchek, bordée par les sommets déchiquetés du Cerro Catédral. C’est sublime ! Cela me rappelle un peu Oeschinensee en Suisse ou le Fitz Roy dans le sud argentin. Le refuge donne sur cette vue, cela donne envie de revenir y passer une nuit. Mais pour nous, ce sera pause pique-nique puis retour par le même chemin.

Lago Gutierrez
Petit chemin facile, avec vue sur le lac
Amancay – fleurs orangées
Forêt bucolique
Laguna Tonchek
Cerro Catedral
Refugio Frey

Vol en Planeur

Ce matin-là, après la randonnée de la veille, le programme du jour était de se reposer et de traîner à la cabaña.
Je me lève tout tranquillement, je fais une lessive, je décrasse mes chaussures de rando, je cuisine et nous déjeunons. Et au cours de la discussion, Daniel me dit qu’aujourd’hui il va y avoir des vols en planeur car la météo est bonne et le vent pas trop fort. Il me demande si je veux voler.
Vous devinez ma réponse ? « Oui, pourquoi pas! ».
On demande quand même le prix aux cas où. C’est un peu cher et je n’ai pas beaucoup de cash sur moi (pas facile de retirer de l’argent ici…j’y reviendrais!), je vais y réfléchir. Plus tard, pendant la sieste de Daniel je vais vadrouiller autour de la maison et observe du coup, bel et bien, le décollage et l’atterrissage d’un planeur. Ma décision est prise, je VEUX voler moi aussi! Je veux faire comme ma grand-mère qui m’a raconté avoir volé en planeur. ❤
Alors avec Daniel on se rend au lieu de départ et en moins de 2 secondes je suis la prochaine sur la liste. Personne ne me demande ni mon nom, ni mon numéro de passeport, rien. Bienvenue en Argentine les gars! Niveau assurance, nada! Mais bon, j’avoue que sur le moment je n’y ai même pas pensé, j’ai surtout regardé l’état du planeur, de l’avion et des pilotes. Tout était nickel et j’ai aussi fait confiance à Daniel qui connaît le milieu. C’est donc comme ça que ma journée tranquille s’est transformée en pure euphorie ! J’ai volé avec Roberto, un super pilote qui m’a fait manœuvrer seule (ou quasi!) à deux reprises et m’a fait faire de super loopings dans les aires! C’est tellement impressionnant, je ne savais plus où était le ciel, le sol.. Le planeur décolle doucement à l’aide d’un petit coucou qui le tracte, puis le lâche au bout de quelques temps, le temps que le planeur se stabilise dans les airs. A ce moment-là nous étions à flan de montagne, pour prendre le vent ascendant. Incroyable vue sur ces montagnes patagones, arides, brunes et nues, surlignées de Rio et lagos d’un bleu profond. J’en ai eu les larmes aux yeux, de bonheur.
Et de ce fait, c’était mon deuxième vol en Argentine (saut en parachute en avril 2018 à Buenos Aires!), il y a vraiment quelque chose pour moi dans ce pays. J’ai volé 55 minutes au lieu de 15-20 minutes pour un baptême normal, vous imaginez ma joie quand je suis redescendue et mon empressement à raconter mon expérience à Daniel (et à mes chers parents qui ne savaient pas non plus que j’allais, encore, voler!)
Ce fut une bien belle journée et je ne peux que vous recommander de suivre vos envies et votre instinct, et de vous offrir un baptême en planeur !!

A flan de montagne pour la prise au vent
Vue sur le rio Limay qui représente la limite entre la région de Rio Negro (Bariloche) et Neuquen
Lago Nahuel Huapi
Après le vol : moi, contente!

Petit tour dans la ville de Bariloche

Bon. Oui il y a quelques noms bien de chez nous qui apparaissents sur les façades « chamonix, Gstaad », il y a du chocolat partout et même un restaurant qui sert de la fondue qu fromage (et au chocolat !), mais, la ville ne soit n’a rien à voir avec la Suisse ! Non ! Et surtout pas avec ses Saint-Bernards tenus en laisses sur la place principale, destinés à poser pour les photos des touristes… C’est un peu kitsh. Mais…pour l’avoir goûté à maintes reprises (ben, oui ça me manquait..!), le chocolat de Bariloche est bon ! Enfin, surtout celui que l’on peut acheter chez Rapanui, une véritable « usine », pleine de touriste qui veulent le meilleur chocolat de la ville. Il faut prendre un ticket pour commander…et patienter 20 minutes !

Place principale

On peut aussi se promener le long du lac, arpenter à pieds la rue commerçante, mais mis à part ça, pas grand chose à voir dans la ville.

ENFIN…

C’était une expérience inédite pour moi de tester le couchsurfing à l’étranger, et je ne peux que recommander ! C’est une façon vraiment différente de voyager et de découvrir un endroit. Bien sûr cela change un peu de rythme aussi car ce n’est pas seulement le fait d’avoir un logement gratuit, loin de là, c’est aussi partager du temps avec l’hôte, ainsi que certaines de ses habitudes. C’est une toute autre temporalité, une aventure dans l’aventure. Alors, je n’ai pas vu tout ce que j’aurais voulu voir à Bariloche (raison de plus pour revenir en Argentine !hihi), mais je n’aurais jamais imaginé voler au-dessus des montagnes et lacs de ce coin du monde, ni apprendre tant de choses, sur moi, le monde, la vie, pendant ce séjour. Alors, merci. Merci la vie, et MERCI Daniel. Muchisimas Gracias a vos !

Le départ a été rude. Les départs deviennent difficiles de toute façon. Davantage que ce à quoi je m’étais préparée.
Pour moi, la Patagonie, c’est fort en émotions : je pleure en arrivant, je pleure en repartant. Je reviendrais !

Cariños

Marine


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