Isla de Chiloe – Chili

Hé Psssst..! Vous aviez remarqué que j’étais très, très en retard dans la rédaction de mes articles ? Navrée, mais finalement, je suis bien trop prise par mon voyage pour être régulière… Alors, je vais faire un petit saut dans le temps, pour vous raconter les quelques jours magnifiques que j’ai pu vivre sur l’île de Chiloe, et puis le parcours que j’ai pu faire entre Punta Arenas et Chiloe, viendra probablement par la suite…
Je m’étais donc arrêtée au 3 janvier et vais reprendre au 15 janvier… Prêts ? C’est parti !

Plusieurs personnes m’ont conseillé d’aller sur l’île de Chiloe, verdoyante, naturelle, regorgeant de légendes, mythes, et églises classées à l’UNESCO, et « muy bonita », paraît-il.
Chiloe est la deuxième plus grande île du Chili, après la Terre de Feu, et elle est en fait consituée d’un archipel d’îles, dont la principale est la Isla Grande de Chiloe.

Castro

Depuis Puerto Varas, j’ai donc pris un bus pour Castro (le bus va sur le ferry 20 minutes de traversée), capitale de l’île, situé vers la moitié Est de l’île (elle donne donc vers le continent). C’était un bon point de départ pour explorer les environs et découvrir quelques églises.

En effet, l’une des attractions touristiques célèbre à Chiloe, c’est la route des églises (je ne le savais pas, avant de m’intéresser à ce petit bout de terre…). Chiloe comporte 16 églises classées au patrimoine de l’Unesco. Celles-ci sont entièrement construites en bois, car sur Chiloe c’est le seul matériaux à disposition permettant de construire des bâtisses (il n’ y pas de roches). Elles présentent également une architecture particulière et unique au monde (si j’ai bien compris..): elles sont été construites sur le même modèles que les bateaux et ici ils disent que les églises sont des bâteaux retournés car la majorité présente un plafond incurvé, tel un barque. Il y a aussi plusieurs systèmes d’emboîtement des différentes pièces de bois, permettant de faire tenir le tout ensemble (pas de ciment ou autre !).
Pour ma part, j’ai visité 4 de ces églises. Ma préférée reste celle de Castro, magnifique, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur ! La façade est actuellement peinte en jaune et violet, mais a priori elle change régulièrement de couleur. Elle est aussi recouverte de taules martelées pour lui donner un aspect de mur en pierres. Ses plans avaient été dessinés par un architecte italien afin qu’elle soit construire en pierres, alors ils ont tenté le trompe-l’oeil. Je dis bien « tenté »…cela n’a rien à voir avec des pierres, mais n’enlève rien au charme de cette façade ! L’intérieur est donc totalement en bois, épuré, brillant, lumineux, paisible. Je ne sais trop comment la décrire, mais la photo parle d’elle-même.

Eglise de Castro – Haute en couleur !

A Castro, il y a aussi les fameux Palafitos, que l’on voit sur toutes les photos de Chiloe. Ce sont des maisons sur pilotis, sur la rive. Autrefois, maisons de pêcheurs (ce qui leur permettait de sauter dans le bâteau pour aller travailler) sans le sous, ce sont actuellement de belles demeures, des hôtels et restaurant de gamme plus élevée. La carte-postale est chouette mais je suis un poile déçue qu’il n’y en ait pas plus finalement, car on m’en avait beaucoup parlé.

Palafitos à Castro
Vue depuis la côte de Castro

Je n’ai pas dormi dans un palfito, un poile plus cher que d’autres auberges. J’ai séjourné à la Minga Hostel, petite, mais très chouette et cosy.
Et j’y ai appris ce qu’est une Minga, une tradition spécifique à Chiloe. Ici, quand ile veulent déménager…ils prennent la maison avec ! La Minga désigne « la réalisation d’un travail coopératif avec l’objectif d’accomplir une tâche qui ne peut pas se faire avec une personne seule, cela peut-être de la récolte de pommes de terre au déplacement de maisons ou églises, d’un lieu à un autre » (!!!) Ils organisent de grandes fêtes quand cela se produit, et les touristes peuvent observer.. Je n’en n’ai pas vu (pour cette fois!) malheureusement.

A Castro, j’ai également participé à un tour guidé à pieds (« free walking tour », que l’on peut trouver dans la majorité des villes à travers le monde en se renseignant un peu !) avec l’agence Chiloe Natural. Un peu déçue car j’avais finalement fait le même trajet la veille, par moi-même. J’ai quand même eu quelques informations supplémentaires, notamment sur l’église et sur la construction des maisons. Comme à Puerto Varas, les maisons ici sont en bois et les murs et façades sont comme recouverts d’écailles, des petites tuiles de bois appelées « tejuelas » et souvent colorées.

Exemple de maisons en bois à Castro

J’ai également loué un vélo (3 heures gratuites, depuis la place principale) pour me rendre à l’église Nercon. Je ne conseille pas de faire le trajet en vélo! Les vélos sont merdiques (excusez le terme, mais un vélo sans freins et sans vitesses, je ne sais pas comment le décrire autrement…), on roule sur la route, sans place pour les vélos et les conducteurs nous frôlent, la route descend à pic et ensuite il faut remonter…Fatiguant et dangereux pour pas grand chose (bizarre qu’on me l’ait conseillé !). L’église est jolie cependant.

Eglise de Nercon

Dalquahue

Depuis Castro, j’ai aussi pris les bus de la ville (collectivos – minibus) pour rallier Dalquahue et Achao (isla Quinchao) et visiter leurs marchés d’artisanats et leurs églises. Le bus va sur le ferry, permettant d’aller sur l’île (marrant!) et la traversée dure 5 minutes.
Ces deux petits bleds étaient finalement un peu trop touristiques à mon goût et pas assez typiques. Mais charmants tout de même.

Eglise de Dalquahue

Je voulais davantage de nature, et j’étais pour le moment un peu déçue de ce séjour à Chiloe.
Mais….

Cucao

La deuxième journée fut bien meilleure ! Je me suis rendue à Cucao (côte ouest de l’île, un peu en dessous de Castro), dans le but d’explorer un peu le parc national. Je me suis offert une superbe ballade à cheval sur la plage (un peu chère, 3 heures, 46 euros) avec la petite agence Palafito Trip. J’avais réservé la veille par téléphone, et le bus local m’a déposé juste devant, rien de plus facile ! J’étais seule, avec deux guides, le pied ! J’ai de suite expliqué que j’avais un bon niveau et que si je pouvais galoper, ce serait le top! Nous sommes partis en direction de la plage, et j’ai pu avoir quelques commentaires et explications sur la faune, la flore, le chili, l’île. Nous avons fait un premier galop tous ensemble et puis, voyant certainement que je tenais bien en selle, le guide m’a dit que je pouvais partir galoper devant et faire des aller-retours, pendant qu’eux marcheraient tranquillement. En serio ? waaaa claro que si ! Ni une ni deux, j’ai poussé ma monture en avant et j’ai (triple-) galopé sur cette plage déserte ! Les amis, ça c’est le bonheur ! Quelle sensation de liberté de sentir le vent dans mes chevaux, de sentir la vitesse et le paysage défiler (tout en ayant tout sous contrôle, je vous rassure!!), seule au monde, sur une plage, au bout du monde et « à fond la caisse »!
A partir de là, j’ai vraiment adoré mon séjour ! (si on met de côté les multiples courbatures que j’ai dû subir pendant bien 4 jours….il faut vraiment que je monte à cheval plus souvent!^^).

Vue depuis le sommet de la dune
Arrayan, ma monture, avec vue !
A travers les dunes du parc national à Cucao

Sur la plage, j’ai aussi aperçu des pêcheurs de coquillages, tous accroupis dans les vagues et remplissant leurs sacs. Cela donnait une drôle d’image.

Les petites tâches noires, ce sont les pêcheurs 😉

Descendue de cheval, je me suis rendue dans la partie payante du parc national. Je n’étais pas bien renseignée, et j’ai su trop tard qu’il y avait plein de treks et des campings dans ce parc. La seule explication dans mon guide-book, parlait de la partie payante qui représente en fait 0,2% du parc, 3 heures de ballade sur des passerelles en bois à travers la végétation (du coup, très accessible, y compris aux familles…je vous laisse imaginer le calme qu’il pouvait y avoir! hum..). Quoiqu’il en soit, c’était une chouette petite balade, à travers une végétation luxuriante et sur la plage. Quelque panneaux didactiques aussi sur la faune, la flore et les légendes chilotes.

En fin de journée, j’ai trouvé un bus qui pouvait m’amener au Muelle de las Almas. Énième attraction touristique malheureusement. C’est un ponton, qui serpente légèrement et s’arrête dans le vide, donnant une vue sur l’océan et les falaises environnantes. Il est raconté que lorsque les personnes décèdent, leurs âmes doivent se rendre ici pour passer de l’autre côté. C’est un endroit photogénique, et qui dit photogénique dit file d’attente de touristes pour prendre une photo (au secours, fuyons!!). Je ne m’y attendais pas, ni à voir autant de monde, ni à devoir (encore!) payer pour avoir accès à un point de vue sur la nature!! Bref. Ceux qui me connaissent bien, l’auront compris : je n’ai pas attendu pour prendre une photo de moi au bout de ce ponton, sachant qu’en plus, je peux faire ce genre de photo à la maison (love Annecy) ! Mais la vue autour vaut vraiment le coup, c’est un mélange de vert, bleu, d’eau, végétation aride et fouettée par les vents, de falaises.. Superbe ! Je suis descendue plus loin que le ponton et oh surprise : sur la falaise en contre-bas, il y avait une colonie de Lobos Marinos (lions de mer) et une autre d’oiseaux marins. Trop chouette ! Et comme tout le monde attendait pour sa photo, j’étais toute seule à les observer ! Jubilation extrême (gnagnagna!)!! Ils étaient loin, certes, mais je me suis servi du zoom de mon appareil photo comme de jumelles, et c’était parfait !

Colonie de Lions de mer, au loin
Muelle de las Almas et sa file de touriste attendant pour leur selfie. Mais surtout : la VUE autour !!!
Muelle de las Almas

Je suis retournée à Cucao pour prendre le dernier bus pour Castro, de 21 heures. Il n’arrivait pas et j’étais toute seule, en pleine nature. Un peu flippant sur le moment mais il a fini par arriver et tout s’est bien terminé, au chaud dans mon lit!

Ancud

Après Castro et mes premiers pas sur Chiloe, j’ai décidé de poursuivre mon séjour en direction d’Ancud et Chepu, au nord de l’île (merci Javier pour le conseil ! ;)). Je rejoins donc Ancud en bus (1h depuis Castro) et reste une nuit à l’hostel 13 Lunas, une immense maison de bois, avec un patio, une terrasse, un jardin et des hamacs, des lits confortables et un staff accueillant, elle est parfaite ! Je vadrouille dans cette jolie petite ville durant l’après-midi, en passant par le musée régional. Il est petit mais très intéressant, retraçant l’histoire et les traditions d’Ancud et de l’île. On peut y voir également un squelette de baleine, c’est impressionnant ! Je visite le marché municipal, d’artisants, poissons, fruits et légumes. Je tente en vain de trouver une petite bouteille de Chicha, un alcool de pommes typique de l’île, mais, seule, les bouteilles de 2 litres ne me conviennent pas..  

Après un copieux repas (les menus du midi c’est trop bien, entrée et plat pour seulement 4 euros) au restaurant El Chinchel, je poursuis mon chemin jusqu’au petit musée des églises, exposant des maquettes des fameuses églises de Chiloe, et quelques explications quant à l’architecture. Pas fou quand on a déjà vu certaines églises, et en plus la réceptionniste oblige à faire une donation… puis, vers la côte et le Fort d’Ancud. Le paysage est beau ! Je ne m’attendais pas à ce cadre de bord de mer tout tranquille, ici, au Chili.

Tant qu’à faire, je poursuis mon chemin,  en plein cagnard (il est pourtant 18 heures !) en traversant la ville pour atteindre un point de vue, donnant sur la Cordillère des Andes. J’ai alors pu apercevoir au loin pas moins de 5 volcans et autres sommets enneigés de la célèbre chaîne de montagnes.  Sublime !

En rentrant à l’auberge, qu’elle n’est pas ma surprise de revoir Julie et Adrien, un couple de français que j’avais brièvement croisé à Puerto Varas, quelques jours plus tôt ! On se rend compte que nous avons réservé un logement au même endroit pour le lendemain et ils me proposent de faire le trajet avec eux en voiture. Mais avant, nous nous embarquons pour une petite activité touristiques toute en humour et légendes : un tour de nuit autour de la mythologie chilote. Le rendez-vous est fixé à 21h45, un chauffeur nous emmène à 45 minutes d’Ancud, dans la nuit. Nous arrivons dans un bosque (forêt), où un guide nous attend. L’idée est de marcher de nuit dans une forêt à la découverte des créatures mystiques peuplant les légendes de l’île. Évidemment, je n’ai pas tout retenu et ce serait trèès long de tout expliquer ici, mais nous y avons rencontré le Trauco, nain absolument ideux qui tue les hommes et séduit, et sa femme la Fiura.  Dans la forêt, des hommes masqués nous coursaient parfois pour nous effrayer en incarnant le Trauco, et le guide usait de tout son humour pour nous faire peur et rire à la fois. Le ciel étoilé était magnifique, j’ai pu observer un moment la voie lactée, la ceinture d’Orion, l’étoile polaire. Sublime ! Je n’ai jamais vu le ciel comme cela, mais ici en l’absence de pollution lumineuse, c’était possible. Ce fut une bien jolie balade, à la rencontre d’une culture mystique.

Chepu

Le lendemain midi, nous partions en direction de Chepu. Non sans faire un petit détour par le restaurant de Quetalmahue, servant du Curanto a la olla. Ici la spécialité c’est plutôt le curanto al hoyo, c’est un plat de fruits de mer et viande, cuit dans un trou creusé dans la terre, à l’aide de pierres chaudes et recouvert de feuilles de nalca (sorte de rhubarbe sauvage). Mais ce plat se prépare seulement lorsqu’ils sont certains d’accueillir beaucoup de monde, car cela demande du temps. Nous nous rabattons donc sur celui cuisiné dans un four traditionnel. Et c’est parfait ainsi. Nous partageons un Curanto pour 3, car les portions sont astronomiques ! Il est composé de moules (je n’en n’avais jamais vu des aussi grosses !), coques, saucisses, et pâtés de pain (comment peut-on appeler cela ?).  C’est bon, les moules sont délicieuses et juteuses !

Curanto a la olla

Par contre, les chiliens ne sont vraiment pas adeptes des desserts : des crêpes beaucoup trop garnies en Manjar (sorte de dulce de leche/confiture de lait, beaucoup trop sucrée) avec une glace trois goût absolument chimique. Yummy !

Nous reprenons la route et arrivons à notre maison d’hôte/hostel, j’ai nommé Chimango Cara cara. Elle est située à Chepu, un tout petit bled perdu dans la nature, d’une dizaine de maison (si si je vous assure !) et elle est tenue par un couple franco-chilien, Carole et Alfredo. L’endroit est déjà sublime au premier coup d’œil. On entre par un grand et beau portail en bois qu’il faut faire coulisser, donnant sur un chemin de piste ne laissant rien entrevoir de ce qui se trouve au bout. Mais nous débouchons sur une clairière avec vue sur le Rio Chepu (fleuve qui relie l’océan) et les montagnes au loin. Une cabana à droite, un container réaménagé à gauche, la salle des repas et le salon en face (el quincho) et leur propre maison derrière nous. Waaou !

Carole nous réserve un accueil amical et nous fait visiter nos chambres ! La décoration est faite avec beaucoup de goût, c’est tout en bois et chaleureux, et tout neuf ! Quel bonheur ! Je suis bien contente d’avoir réservé pour deux nuits et j’imagine déjà les soirées d’observation du coucher de soleil avec cette vue plongeante sur le Rio !

Vue depuis le logement !

Nous partons de suite explorer les alentours : il y a un petit train (oui, alors vraiment petit. 5 minutes de trajet et on aurait pu marcher à côté, sur des rails brinquebalantes rectilignes, un seul wagon, qui ne peut pas faire demi-tour et qui donc repart en arrière. C’était sympa mais un peu attrape-touriste tout de même), qui amène dans le bosque d’où part un petit sentier plutôt bucolique dans la nature. Ici, les forêts sont un peu anarchiques, c’est un enchevêtrement dense d’arbres, fougères, lières, lichens, et j’en passe qui nous ne permettent pas d’aller se perdre hors du sentier. Nous  pouvons y observer le Chucao, un tout petit oiseau, endémique de l’île (il fait un cri qui me rappelle un petit dinosaure à collerette dans Jurassic park, vous voyez lequel ?).

Petit train qui s’enfonce dans la jungle !

Plus tard, nous irons voir la plage en contre-bas de Chepu, là où le rio rejoins l’océan.

L’eau est très fraiche et il y a beaucoup de vagues (baignade impossible !). Nous entreprenons une longue observation de jolis cailloux polis par la mer et de coquillages.

De retour au logement, nous observons le coucher de soleil avec une très bonne pizza maison et une chouette discussion avec nos hôtes.

Nous partons nous coucher tôt, car demain le réveil va sonner à 5h.

Mais pourquoi diable se lever aussi tôt dans un bled paumé ?? Pour aller observer une forêt submergée, avec la brume du lever du jour, seul au monde et en kayak !!

Mais avant ça, il faut que je vous dise : vers 4h du matin, on a ressenti une forte secousse, il y a  eu un petit tremblement de terre (rien que pour nous !), ce qui ne s’était pas produit depuis 1 an et demi à Chiloe (sur le continent c’est plus fréquent !).

Les émotions passées, nous prenons la voiture à 5h30 pour se rendre au point de rendez-vous pour prendre les kayaks (qui sont en fait des canoës, une place). C’est Don Alfonso qui nous les loue. Nous devons remplir un petit formulaire… enfin, JE dois le remplir. Chose étonnante, je suis responsable de tout le monde et mon formulaire suffira pour nous trois. Bon. De toute façon, il ne nous arrivera rien. N’est-ce pas ?

Alfonso nous fournit des combinaisons de plongée, des gilets de sauvetage ainsi qu’une petite radio en cas de problème. Oui, car nous partons seul à l’assaut du rio, avec nos canoës. Alors, c’est parti !

Au tout début de notre navigation, nous ne voyons pas grand chose, c’est vraiment très brumeux et encore nuit presque noire. Mais dès le premier virage et notre entrée sur le grand Rio Chepu, c’est déjà une toute autre ambiance. On perçoit les contour des terres, des arbres, des oiseaux, dans la brume éclairée par les lueurs du jour qui se lèvre. Un peu plus loin on découvre les premiers arbres submergés, des troncs morts, se dressant droits comme des i dans une mer d’huile nous donnant un joli effet miroir. C’est magique, mystique, sublime ! Nous en prenons plein les yeux et c’est d’autant mieux que nous ne sommes que nous trois, à l’aube, aux chant des oiseaux et au calme.  C’est une expérience incroyable, que je suis vraiment reconnaissante d’avoir pu vivre et que je recommande !

Seuls au monde tous les 3 sur le Rio Puntra
Premières lueurs du jour derrière la brume
La forêt immergée qui apparaît derrière la brume

Pour la petite histoire, avant c’était bel et bien une forêt, vivante, mais après le tremblement de terre de 1960, la forêt s’est abaissée de 2 mètres, l’eau de mer est rentrée et a tué tous les arbres d’un seul coup. Depuis, le rio s’est formé et les arbres, morts, sont restés, offrant ce spectacle unique.

Nous n’avons pas énormément pagayé et pris beaucoup de photos, mais le retour a été beaucoup plus difficile et long : nous devions être poussés par la marée à l’aller ! 

A l’arrivée chez Alfonso, il nous accueille avec du thé, du café, des petits pains et du miel d’Ulmo (arbre chilien), quel délice et réconfort alors que nous sommes tout de même un peu trempés !

Mais, de retour au logement, c’est un deuxième petit-déjeuner qui nous attends, copieux et délicieux ! Après quoi nous sommes de nouveau d’attaque pour notre aventure suivante : le sendero Chile, qui remonte depuis la plage de Chepu jusqu’à Duhatao en 3h 30. Bon, le temps d’arriver au début du sentier, du bout de la plage, il faut déjà descendre de Chepu, traverser les dunes puis la plage, soit 5 kilomètres dans le sable. Autant dire qu’on était déjà bien fatigués avant même de commencer l’ascension. Qui plus est, depuis le début nous étions accompagnés de nos amis les taons. Pas moins d’une cinquantaine nous suivaient de très près, nous tournaient autour, nous mordaient et nous assourdissaient de leur bourdonnement : éreintant !

Le sentier monte un peu dans ce sens, mais cela se fait relativement facilement. Par contre, c’est très étroit, pas défraichi par endroit et très boueux. Nous entrons dans une vrai jungle, très verte et toujours enchevêtrée. C’est magique ! Nous arrivons à un premier point de vue, nous offrant une sublime vue verte, bleu, blanche, sur les fougères en premier plan, la plage, l’océan et ses nombreuses vagues en second plan. La montée valait largement la peine ! Nous poursuivons toujours un peu plus haut jusqu’à un deuxième point de vue. Cette fois, nous voyons surtout tout ce que nous avons parcouru y compris la partie verdoyante du sentier que nous venons de franchir. C’est l’heure de la pause encas et puis il faut tout refaire en sens inverse ! La fin est rude, la plage est interminable et nos amis les taons nous ont retrouvé (ils aime le soleil, alors dans la forêt on était un plus tranquilles).

Nous voulions encore aller à la Muelle de la luz (accessible par un bateau à 25000pesos, puis un droit d’entrée de 2000pesos), mais après l’avoir aperçu depuis la plage, tout petit et offrant la vue que nous connaissions déjà, nous n’irons pas et profiterons à la place de notre charmant logement et d’un deuxième coucher de soleil.

Le soir nous goûtons au boudin noir de Chepu, fait par une voisine de nos hôtes. Délicieux ! Et en prime, des desserts bien français qui font du bien tel une tarte au citron et un crumble aux pêches !

Nuit incroyablement paisible dans la cabana (j’ai été surclassée ! car une famille nombreuse avait réservé tout le container ^^), avec une sublime vue au réveil, par la baie vitrée au pied de mon lit ! Je ne m’en suis pas remis, et me suis promis d’y revenir un jour. Un endroit vraiment magique, pourvu qu’il le reste et ne soit pas trop envahi !

Carole et Alfredo sont en train d’aménager un petit sentier qui part du logement pour rejoindre le rio en contre-bas par la forêt. Nous le testons le matin de notre départ. Il n’était malheureusement pas terminé, et la fin c’était de l’escalade dans la boue. La branche à laquelle je me tenais a cédé et je me suis retrouvée par terre, en bas de la petite pente. Rien de cassé, juste deux bleus et couverte de boue ! Ouf !


Nous repartons de ce coin de paradis. Julie et Adrien poursuivent vers Castro, alors que je retourne à Ancud. Ils me laissent au croisement avec la Ruta 5, celle qui traverse Chiloe du Nord au Sud. J’essaye de faire du stop pendant 30 minutes, mais ils roulent tous très vite, je vois mal comment ils pourraient s’arrêter pour moi. Je décide finalement de prendre le premier bus qui passe devant moi et de faire ainsi comme les locaux.

L’après-midi à Ancud, dans la fabuleuse auberge 13 lunas, me servira à me remettre de mes émotions. J’y partagerai un asado le soir, avant de rejoindre Puerto Varas le lendemain.

Voilà pour le récit de cette fabuleuse découverte de l’île de Chiloe. J’y suis donc restée  une petite semaine, mais je suis loin d’avoir tout exploré. J’aurai voulu camper dans le parc national, découvrir d’autres petits bleds perdus. J’y reviendrai, mais je louerai une voiture, ce que je vous conseille vivement de faire lors de votre prochaine visite en ces terres lointaines !

Ce doit être le premier article aussi long, à la hauteur de l’expérience vécue. Merci aux plus courageux pour votre lecture !

Cariños
Marine

P.S : entre la rédaction de cet article et sa publication, il s’en est passé des choses. Je suis retournée à Puerto Varas, suis allée à Pucon puis ai traversé la frontière pour me rendre à Bariloche, en Argentine. A l’heure actuelle, je viens d’arriver à Buenos Aires ! Hasta luego et merci de votre patience ! 🙂


2 réflexions sur “Isla de Chiloe – Chili

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