Tierra del Fuego – Porvenir – Chili

Je voulais mettre les pieds en Terre de Feu, depuis un moment déjà. J’ai hésité à aller à Ushuaïa lors de ma première venue en Patagonie, j’ai hésité de nouveau pour le début de ce voyage et j’ai finalement fait le choix de ne pas y aller. Trop touristique, trop cher, trop ressemblant à la Suisse, paraît-il.
En partant de Punta Arenas, il était plus facile d’aller en Terre de Feu, mais en restant du côté chilien. Oui, la Terre de feu fait partie à la fois du Chili, et de l’Argentine, ne me demandez pas pourquoi. J’ai donc choisi d’aller voir du côté de la petite ville de Porvenir (ou village ? 6000 habitants environ), qui se trouve à deux heures de ferry de Punta Arenas.

J’ai donc pris le ferry du 1er janvier, à 9h00. Il était vide, les chiliens étaient soit en train de dormir, soit encore en train de faire la fête (la soirée à laquelle j’étais se terminait à 10h00!)…
J’y suis allée avec Lizbeth, toujours, qui, elle, a mis sa voiture de location sur le Ferry. Très pratique, ensuite, pour parcourir quelques kilomètres en sa compagnie ! (Thanks Lizbeth :))
Nous avons un peu fait le tour du bateau, pour observer les points de vue que nous avions depuis les différents ponts. Les « commandants de bord » (je ne sais pas si on les appelle comme cela sur un ferry, mais on fera comme si..), nous ont salué et fait signe d’entrer dans leur cabine ! Je me suis sentie un peu privilégiée d’entrer dans cet endroit indiqué comme « interdit ». J’ai un peu discuté, en espagnol, avec eux. Ils ont tenté de me donner quelques conseils pour la suite de mon voyage et m’ont imprimé une carte pour ma prochaine destination. Très sympas !
La suite de la traversée, sera faite de lecture et petite sieste (ne pas oublier que grâce à cette super soirée de nouvel an, je n’avais dormi que 4 heures ^^).

Nous arrivons vers 11h. Rejoindre la ville en voiture prend en tout et pour tout, 7 minutes. Il y a des taxis présents lors du débarquement du ferry, mais je profite de la voiture de Lizbeth.

Nous ne trouvons pas tout de suite notre auberge, car elle ne ressemble pas à une auberge..Mais le nom de la rue est le bon, le numéro sur la porte aussi, alors nous sonnons. Une petite dame nous ouvre et nous confirme que c’est le bon lieu : Hostal Los Canelos. C’est une petite maison, jaune, qui ne paye pas de mine, qui semble brinquebalante, mais qui est vraiment cosy (et jaune aussi!) à l’intérieur. Margarita est notre hôte et elle est d’une gentillesse incroyable ! Elle est hôte depuis bientôt 20 ans. Je passerai beaucoup de temps à discuter avec elle. Lors des repas, elle restait là à nous regarder, touchante et intimidante à la fois.

Hostel Los Canelos – Chez Margarita

On est le premier janvier et devinez quoi ? Ben c’est aussi férié ici et tout, absolument tout, est fermé. Enfin, presque. Après avoir vu 3 portes de restaurant fermées, nous tombons sur le seul petit supermarché d’ouvert. Nous ne savons pas trop quoi prendre, ils ne vendent rien de ce dont on a l’habitude. La propriétaire, nous propose spontanément de nous emmener avec sa voiture faire le tour des restaurants pour essayer d’en trouver un d’ouvert. Bon, en 15 minutes, on a fait le tour et on confirme que tout est fermé. Nous lui achetons donc de quoi se cuisiner des pâtes et des soupes instantanées pour le soir. Nous revenons à notre logement et Margarita nous dit que nous n’avons ps accès à la cuisine…mais voyant nos mines déconfites, elle nous propose de cuisiner pour nous. C’est pleines de culpabilité que nous lui tendons nos pâtes et nos légumes, et qu’elle s’en va avec dans sa cuisine. Et elle le fait avec un grand cœur et bien en plus ! Nous avions beaucoup trop faim pour même attendre les couverts, cela l’a fait rire !
Ces premiers contacts avec les habitants de la Terre de Feu étaient déjà incroyables ! Quelle gentillesse, j’ai rarement vu ça !

Nous sommes ensuite parties, en voiture, découvrir cette partie de l’île et ses lagunes. Heureusement que je suis tombée sur Lizbeth et qu’elle avait le même parcours que moi, je ne sais pas comment j’aurais fait sans voiture !! Les distances sont énormes, il n’y a absolument rien sur plusieurs kilomètres, si ce n’est des guanacos et des moutons. Pas de transports publics non plus.

Mirador depuis le petit phare automatique de Porvenir

Nous apercevons beaucoup de Guanacos sur notre route, et nous nous arrêtons pour les photographier ! Ils sont choux eux aussi, et prennent la pose pour nous !

Guanaco qui prend la pose pour la photo 😉

Les lagunes sont très belles, d’une couleur incroyable. Les paysages sont désertiques, il n’y a rien que la nature à perte de vue et nous ne croisons que peu de voitures. Ça y est, je suis bel et bien en Terre de Feu, dans les grands espaces, dépourvus de civilisation. Et ça, j’aime !

Plaines de Terre de Feu – Laguna Verde en toile de fond
Parterre de fleurs

Le lendemain, toujours grâce à Lizbeth, je vais pouvoir découvrir une colonie de manchots…empereurs !!

Cette fois, ils nous faut parcourir 100kms en deux heures, sur une route de graviers ! C’est un peu long, le paysage vaut le coup mais ne défile pas très vite. Pouvoir observer de tels animaux se mérite, j’imagine. Nous nous rendons donc au Parque Pinguino Rey (entrée : 12000 pesos), situé tout au bout de la Bahia Inutil (Porvenir est à l’autre extrémité). Les Pingouins (aïe je me fait avoir….comme je l’ai dit, ce sont des manchots!!) ont élu domicile à cet endroit, il y a une dizaine d’années. Le parc à ouvert peu après, dans le but de les protéger et de sensibiliser le public intéressé. De ce fait, la colonie de manchots à pu s’agrandir au fil du temps. Cette colonie reste sauvage, l’humain n’intervient en rien et le parcours accessible au public est situé assez loin d’eux finalement. Nous pouvons les observer de loin et grâce à des jumelles disposées dans les observatoires. Il y a trois observatoires, et nous y passerons un peu moins d’une heure.

Photographiés à travers les jumelles.. Leur couleur est éblouissante !
Vue depuis le premier observatoire
Mon zoom à moi, n’est pas si mal 😉
Amour de manchots..
Depuis le deuxième observatoire nous les apercevons au bord de l’eau. Ici, des jeunes, avec une coupe « punk » que je décrivais dans le précédent article sur les manchots de Magellan.
Oh, il y en a un qui se fait la malle…!

Les mâles et femelles ne se différencient que par la longueur de leur bec, qui est difficilement visible sans pouvoir le mesurer. De nouveaux, ce sont des parents responsables : chacun va couver l’œuf pendant 5 à 7 jours consécutifs, pendant que l’autre va chercher de la nourriture. L’œuf est couvé entre les pattes, ce qui forme une bosse sous la fourrure du manchots. Intrigant ! Ils optent pour une drôle de position pour dormir : le bec sous une aile, et les pieds en oblique, ce qui leur permet de tenir en équilibre sur leur queue. Lorsqu’ils sont à plat ventre, c’est parce qu’ils essayent de réguler leur température corporelle. J’en ai appris des choses, en 5 minutes d’explications de la guide au début de la visite. Je ne m’étais jamais vraiment intéressée à eux auparavant, mais cela donne envie!

Chouette endroit à découvrir !

Après la visite, Lizbeth et moi nous séparons et je trouve une autre voiture pour le retour : une famille qui loge dans la même auberge ! Bingo ! Ils font leur visite pendant que j’écris et je repars avec eux.

La suite sera consacrée à la découverte de la petite ville de Porvenir.
En passant par son musée, que je recommande vivement. Petit mais intéressant. J’y ai appris ce que je voulais concernant la cérémonie traditionnelle « Hain » (prononcer : « raïn' ») de la civilisation Selk’nam, la première civilisation de Terre de Feu et Patagonie, décimée après l’arrivée des colons. Je voyais beaucoup de figurines à l’effigie des dieux et hommes costumés en raison de Hain, dans les magasins de souvenirs, sans y mettre du sens. Enfin une explication ! C’est une tradition et des rituels permettant de passer de l’adolescence à l’âge adulte (tiens donc !).

Mon chemin m’a ensuite mené à l’église, au bord de la baie, puis au mirador « Hain » ou des trois antennes, d’où j’ai pu profiter d’une jolie vue ensoleillée, de fin de journée, sur la ville et la baie. Magnifique, et paisible !

Eglise – Porvenir
Une maison de Porvenir
Il fut un temps, il y avait un petit cinéma. Vous remarquerez l’enseigne avec les ampoules dont quelques lettres « ciNEMa » résistent vainement
Street Art sur la culture de Porvenir
Vue depuis le Mirador Hain
Porvenir et ses deux églises
Plage
Vue depuis la plage sur la petite ville de Porvenir

(( La plage, jolie de loin m’a cependant un peu désespéré : elle était recouverte de déchets, et d’algues vertes fluo (qui, à mon avis, ne sont pas censées être de cette couleur..). A moi toute seule, c’était impossible de ramasser tout ça…Je ne suis pas fière, mais du coup je n’ai même pas essayé, n’étant pas équipée pour, sur le moment…))

Le lendemain, je reprenais le ferry pour Punta Arenas. J’ai de nouveau passé mon trajet dans la cabine et cette fois mes deux compagnons de traversée m’ont offert le thé et une part de cake au fruits ! Trop sympas ces chiliens !

Vue depuis la cabine du Ferry avec Juan aux commandes 🙂
Prête pour la traversée 😉

Ainsi s’achève mes premiers pas en Terre de Feu Chilienne. Quelle jolie découverte !

Besitos
Marine


4 réflexions sur “Tierra del Fuego – Porvenir – Chili

  1. Beau récit, belles photos… pour moi qui aime la nature (vide) ça donne vraiment envie.
    Tu n’as rien à envier aux reportages télé.
    Ne désespère pas de m’emmener dans ton sac à dos.

    J'aime

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