Partir : les préparatifs administratifs (et pas des moindres !)

(Attention : j’en ai tellement bavé, que je me suis lâchée…pavé à lire !)

Aïe, les préparatifs ! Ça parait facile au début, et puis non! Mais…c’est un passage obligé et c’est aussi le début de cette grande aventure. A commencer par le choix des destinations et des billets d’avion (mais j’y reviendrai prochainement..).
Ici je vais vous parler des déboires purement administratifs que j’ai pu rencontrer dans la préparation de mon voyage. Cela pourra servir à certains, en divertir d’autres…en essayant que tout cela ne soit pas trop indigeste.

Je pensais y passer du temps, mais pas autant. J’ai commencé à me pencher sur ces questions 9 mois avant le départ, et finalement, 3 semaines avant le décollage, tout n’est toujours pas réglé.

Dans mon cas, c’était particulièrement compliqué, et, après plusieurs mois de galère, un mot d’ordre : aucune démarche ne fonctionne jamais en une seule fois !
Le plus difficile pour moi, c’est qu’encore une fois j’avais l’impression de ne rentrer dans aucune case : française expatriée en Suisse, avec un permis B en passe de devenir un permis C, un congé sans soldes.. Bref, que des complications (ici je décrirais donc les démarches que j’ai moi-même eu à faire en Suisse, mais c’est sans doute plus facile en étant de nationalité Suisse, ou en n’étant tout simplement pas expat’ et soumis-e au régime français..).
Et, tout comme à mon arrivée officielle en tant que résidente suisse, ce fut un méli-mélo d’informations différentes, démarches différentes, d’informations cachées et de sprint entre les différents services communaux. Pour vous donner une idée, quand je suis arrivée dans le canton de Berne, il me fallait un Permis B pour signer mon contrat de travail, mais il me fallait une adresse pour demander un permis B et enfin il me fallait un contrat de travail pour signer un bail à loyer. Le serpent qui se mord la queue, vous connaissez ?
Et bien rebelote pour les démarches relatives à mon départ !!

L’assurance maladie

Je pense que dorénavant, je suis « sur-assurée ». La première chose que je me suis dit c’est, « je ne vais quand même pas payer mon assurance maladie suisse alors que je ne serai pas là ». Sachant que l’assurance de base n’assure rien de ce qui peut se produire en voyage à l’étranger (En dehors des pays de l’UE / AELE, les coûts des traitements médicaux d’urgence sont remboursés à concurrence du double du montant que ce même traitement aurait coûté en Suisse. Pour bénéficier d’une couverture plus élevée, il faut disposer d’assurances complémentaires).
Je voulais de toute façon faire comme d’habitude et prendre une assurance voyage internationale en ligne. Alors je me suis renseignée sur les démarches qui me permettraient de résilier mon assurance maladie.

Une seule solution : déclarer un départ définitif de Suisse.
A ce moment-là, la commune me donnerait un document attestant de mon départ, qui servirait à résilier, non seulement la LaMal mais aussi les divers abonnements (téléphone, internet,..), la taxe Serafe (taxe télé), l’assurance ménage, etc.
Avec les informations récoltées auprès du contrôle des habitants, je conclue donc que je ne serai pas assurée en Suisse et je contracte une assurance voyage internationale, chez Chapka. Elle est française au départ, mais elle assure également les résidents suisses (mais elle n’assure pas dans le pays de résidence, seulement à l’étranger) et il n’y a pas besoin qu’elle soit reliée à une assurance de base. Le contrat englobe également une assurance accident, une responsabilité civile, une assurance rapatriement et surtout, ce qui m’a plut : il prévoit un billet d’avion aller-retour pour un proche en cas d’hospitalisation à l’étranger (et inversement si l’un de mes proches rencontre un problème et que je dois me rendre à son chevet).
Cette démarche, c’était facile.

Sauf que…

Permis d’établissement Suisse B ou C

Étant de nationalité française mais résidente en Suisse, je suis donc soumise à un permis d’établissement et de travail. Lorsqu’on arrive et que nous disposons d’un travail, on obtient en général le Permis B (c’est le cas pour la France, pour d’autres pays c’est plus difficile..). Ce permis est valable 5 ans, à la fin desquels, soit il est renouvelé, soit on fait la demande de passer au Permis C. La grosse différence que j’ai saisie c’est, qu’avec le permis B je suis imposée à la source alors qu’avec un permis C je peux déclarer mes impôts (et surtout mes dépenses, perfectionnements, dons, etc), comme tout le monde (et même voter au niveau cantonal dans de rares cantons !).
Ça c’était pour le rafraîchissement théorique.

Lorsque l’on veut quitter la Suisse pour une certaine durée, ça se complique.
Avec le permis B, on ne peut pas quitter la Suisse plus de 6 mois. Ensuite, on le perd et au retour on doit tout recommencer.
Avec le permis C, on peut demander à maintenir notre permis pendant 4 ans, et aller vadrouiller hors de Suisse,pendant ce temps (si cette demande n’est pas faite, on perd son permis après 6 mois d’absence).

Oui, alors c’est joli dit comme ça, non ? La réalité est quelque peu différente.

Le contrôle des habitants, à qui je me suis adressée maintes fois m’avait dit que je pouvais « déposer » mon permis C pendant mon absence et le « récupérer » à mon retour. Mais, finalement, ce n’est pas à comprendre comme cela. Non, parce qu’en fait je ne le dépose pas du tout, je dois demander le « maintien » de mon permis, je garde donc mon permis en main et une attestation qui dit que j’ai le droit d’être hors de Suisse pendant une année.

Vous suivez toujours ?
Jusque-là, tout va (presque) bien, me direz-vous !

Oui, mais…non ! Parce que cette démarche ne vaut pas comme un départ ! Hé non ! Avec tout ça, ils considèrent que je suis toujours résidente en Suisse, que je n’ai quitté, ni ma ville, ni mon canton, et donc que je dois continuer de payer TOUTES mes cotisations !

J’avais donc un choix à faire : perdre mon permis ou payer l’assurance maladie.

J’ai choisi la sécurité et, plutôt que de perdre mon permis ET mon assurance maladie, et d’être bien embêtée en cas de rapatriement en Suisse, j’ai demandé le maintien de mon permis C pour un an (évidemment que cette démarche n’est pas gratuite : 65chf supplémentaire pour la demande de maintien, en plus des frais d’assurance maladie sur 12 mois).. Je vais la sentir passer la facture de la LaMal, alors que je n’aurais pas de salaire (et que je suis déjà assurée chez Chapka pour mon voyage), mais en cas de pépin, je suis couverte, et c’est évidemment le principal.

Par contre, si quelqu’un d’entre-vous connaît une autre solution, à fait autrement…N’hésitez pas à partager vos solutions en commentaires ! Cela servira à d’autres, et à moi pour une prochaine fois 😉

Le logement

En résumé, deux solutions s’offrent à vous : résilier le bail et rendre votre logement, ou le sous-louer. La sous-location est possible, selon accord avec la gérance, il faut donc se renseigner. Moi, j’avais du mal à imaginer que quelqu’un puisse vivre dans mes meubles, mes affaires. Il aurait fallu que je stock mes affaires encombrantes quelque part (papiers administratifs, fringues..), alors autant tout déménager ! (Ben oui, c’est tellement plus simple!)
Et puis, je me connais, je ne voudrais pas revenir dans le même appartement après un si long voyage, comme si de rien n’était, avec toutes mes affaires et meubles à la même place. Mes meubles, qui n’auraient pas bougé, pas changé, alors que moi, oui ! Non, le retour serait un nouveau « départ », dans un nouveau cocon. C’était décidé.
Alors, j’ai choisi de rentre mon appartement. J’ai mis toutes mes affaires, dans des cartons et valises, puis dans un camion, puis dans la cave de mes parents!

Pour cela, il faut résilier le bail 3 mois avant la fin du mois où on souhaite quitter les lieux. Évidemment, il y avait une petite complication. Je ne pouvais pas rendre mon appartement en décembre (c’est la loi dans ma gérance…sans doute pour ne pas les obliger à trop travailler en période de fêtes ?). Soit je le rendais fin novembre et me débrouillais pour être logée tout le mois de décembre, soit je payais mon appartement et en était responsable jusqu’à fin janvier (alors que mon départ en voyage est prévu fin décembre). Ceux qui me connaissent le savent, j’ai choisi la première option ! Hors de question de payer un mois supplémentaire dans le vide !
Alors, merci à Yannis, et Valérie, qui m’ont hébergé pendant les 3 semaines où j’avais besoin d’un toit ! 🙂

L’assurance ménage

Bon, là c’est encore le plus simple, si vous êtes bien informés.
Si vous faites un départ définitif, il vous suffit de leur envoyer l’attestation de départ et le contrat et résilié automatiquement.
Si vous ne partez pas, il faut résilier le contrat 2 mois avant la date fin et avant sa reconduction (si le contrat est reconduit et que vous ne l’avez pas résilié avant, théoriquement il n’est pas possible de le résilier avant la prochaine échéance, l’année d’après). Et, si comme moi, vous avez été mal renseignée au départ, quelques larmes et coups de gueule suffiront à pouvoir résilier le contrat après l’échéance 🙂 (à la française, non ?)

Abonnement de téléphone

Autre complication, due à une particularité qui me concerne (et concerne quelques-unes de mes collègues !). En effet, j’avais pris un abonnement de téléphone lié à mon employeur et donc au nom de mon employeur.
Ce n’est pas un abonnement international, et ne souhaitant pas l’utiliser pendant mon voyage, je voulais le stopper et prendre un abonnement « prepaid ». Pour cela, il faut d’abord repasser l’abonnement à mon nom, ce qui nécessite deux mois de préavis. Ensuite, il faut transformer ce nouvel abonnement, en prepaid, ce qui demande encore un temps de préavis.
J’ai finalement réussi à éviter les préavis, en expliquant dans le détail ma situation, mais ceci à nécessité 3 visites chez S—-com, de nombreux échanges de mail et des négociations.

Assurance AVS

[Assurance vieillesse et survivants. L’AVS est le principal pilier de la prévoyance vieillesse et survivants en Suisse. L’AVS est obligatoire et a pour but de couvrir les besoins vitaux d’une personne assurée en cas de retraite ou de décès.]

Afin de ne pas avoir de manque dans les cotisations pendant une année sans travail, il faut également se renseigner et faire des démarches dans ce sens.
Dans le canton de Berne, il est demandé de remplir un formulaire « après-coup », en rentrant de congé sabbatique. Ceci afin d’informer de l’absence d’activité lucrative pendant un temps donné et payer une cotisation minimale.

Banque

J’ai évidemment gardé ouvert tous mes comptes bancaires. Mais pour ce faire, il fallait que je reste joignable et que j’actualise mes informations de contact. Dans mon cas, il fallait que je puisse fournir une adresse en Suisse qui ne soit pas une adresse « c/o.. », mais que mon nom apparaisse sur la boîte aux lettres. Merci à JC & SC ! Allez savoir pourquoi..!
Mettre une adresse de contact à l’étranger reviendrait à payer environ 400chf de frais.
Vous pouvez également informer des pays que vous allez traverser, histoire de s’assurer que votre banque ne bloque pas votre carte en constant des transactions à l’autre bout du monde.
Il est également possible d’augmenter les limites de retrait d’argent.

Suivi du courrier

Enfin une démarche facile ! Quelques clics sur le site de la poste et 30chf suffiront ! 🙂

Encore quelques petites choses auxquelles penser…

  • Les vaccins. Rendez-vous dans une consultations spécialisée dans les vaccinations et conseils aux voyageurs. De mon côté, je suis allée à la consultation médecine des voyageurs de l’hôpital.
  • Demander un permis de conduire international. Il est traduit dans plusieurs langues. Il suffit de le demander (et de payer 40chf) à l’office de la circulation routière et de la navigation.
  • Prévenir les impôts de votre départ.
  • Commander sa carte de crédit Revolut, spécial voyage! Elle permet de payer partout, dans la monnaie locale, sans frais bancaires (uniquement les coûts dûs au change).
  • Changer un peu d’argent avant de partir. Pour ma part, j’ai prévu un peu de monnaie pour les deux premiers pays traversés. A faire en avance, car il faut souvent les commander !
  • Se renseigner sur les visas dont vous aurez besoin !

J’arrive à la fin de ces déboires, et diverses crises de nerfs engendrées par ces tâches répétitives, et pour certaines, sans issue favorable !
Je crois avoir fait le tour de tout ce que je voulais programmer pour ne pas avoir de mauvaises surprises.
Merci à ceux qui auront été au bout de cet article, et j’espère que cela ne vous aura pas effrayé mais plutôt informé sur les points à prendre en compte pour partir pour un voyage au long cours !

A bientôt pour la suite de l’aventure, qui je l’espère sera enrichissante !

Marine


3 réflexions sur “Partir : les préparatifs administratifs (et pas des moindres !)

  1. L’administration c’est la maison qui rend fou !
    J’ai lu jusqu’au bout, même si je ne ferai jamais ce que tu as le courage de faire.
    En même temps ça m’a fait rire !
    Hâte de te lire à nouveau 😊.

    Aimé par 1 personne

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